Un petit bateau de papier, posé sur une épaule, au bord d’une cascade de cheveux.
Au départ, il n’y avait pas d’histoire. Seulement une intuition : faire voyager ce bateau sur le corps, le laisser suivre ses reliefs, ses creux, ses mouvements.
Puis l’image a commencé à raconter sa propre histoire.
D’abord en partance, au bord de l’épaule, comme s’il allait glisser vers l’inconnu.
Puis au gré des tempêtes, emporté dans le tumulte des cheveux. Le mouvement devient flou, le corps se transforme en paysage, les cheveux en vagues. Le bateau perd ses repères et poursuit malgré tout son chemin.
Enfin, il atteint le retour au commencement. Échoué au creux du nombril, rempli d’eau, il retrouve ce point d’ancrage qui est aussi celui de notre première attache.
Une traversée, un égarement, un retour.
L’Odyssée parle de ces voyages que l’on entreprend sans toujours savoir où ils nous conduiront. De ce que l’on traverse, de ce que l’on perd en chemin, et de ce que l’on finit parfois par retrouver là où l’on ne pensait plus chercher.
Traverser les tempêtes pour faire naufrage au creux du commencement.
Cette série est née sans récit préécrit. Le sens est apparu peu à peu, au fil des images. Comme si le bateau, lui aussi, savait déjà où il devait aller.











































